La maîtrise de la réalisation cinématographique requiert une bonne connaissance des six autres arts

Agadir

ES: Yassine Chaoui

Agadir – La maîtrise de la réalisation cinématographique requiert une bonne connaissance des six autres arts, à savoir l’architecture, la sculpture, les arts visuels, la musique, la littérature et les arts de scène, a relevé, jeudi à Agadir, le réalisateur et scénariste marocain, Kamal Kamal.

S’exprimant lors d’une rencontre organisée dans le cadre des festivités de la 16è édition du Festival international « Cinéma et migrations » d’Agadir (FICMA), Kamal Kamal a souligné que « le réalisateur talentueux et compétent est celui qui s’intéresse et intègre les autres six arts dans ses productions », estimant que le 7ème art est le « temple qui combine les six autres arts qui l’ont précédé ».

« Le film ou toute œuvre cinématographique est une peinture artistique qui combine musique, images, couleurs et littérature », a-t-il dit, mettant la lumière sur « l’étroite, forte et fondamentale relation » qui lie le cinéma et la musique, notamment à travers l’utilisation du genre symphonique vu l’émotion qu’il peut susciter chez le spectateur.

Le scénariste a mis l’accent, dans ce sillage, sur la nécessité d’une harmonie entre l’image et le son dans les films, notant que la musique augmente la rhétorique et l’intensité de l’image et permet d’illustrer l’histoire et de la rendre plus captivante.

Parmi les compétences que se doit de maîtriser le réalisateur, que Kamal considérait comme « absente » du milieu cinématographique marocain, figurent l’affinement et le perfectionnement du talent à travers les études supplémentaires des autres arts et les formations spécifiques dans les domaines artistiques, autres que le cinéma, plaidant à cet égard pour la nécessité de la formation continue tout au long de la carrière du réalisateur cinématographique.

Le réalisateur, également compositeur, s’est penché, dans ce sillage, sur les principaux défis auxquels les réalisateurs marocains font face, à savoir l’absence d’une haute formation scientifique et technique capable de forger une génération de professionnels du 7ème art au niveau mondial du cinéma.

« Les réalisateurs marocains ont des idées et visions à la hauteur du cinéma mondial. Toutefois, leur réalisation nécessite des budgets financiers et du soutien de la part des parties prenantes », a-t-il poursuit.

Né à Berkane, Kamal Kamal a étudié le cinéma au Conservatoire libre du cinéma français (CLFC) de Paris. Il a travaillé pour la télévision marocaine et a réalisé plusieurs spots publicitaires. Il compte à son actif plusieurs réalisations, notamment Taif Nizar (2002), Symphonie marocaine (2006), Sotto Voce (2013), et bien d’autres.

Le public du FICMA est toujours au rendez-vous avec de nombreuses rencontres, ateliers et Master Class, encadrées par des professionnels du cinéma marocain et étranger et abordant les plus grands enjeux cinématographiques.

Ce rendez-vous annuel artistique et culturel, qui se poursuit jusqu’au 14 décembre, vise à mettre en évidence la diversité du cinéma marocain, aussi bien au niveau des films produits au Maroc, que ceux produits par les Marocains du monde, notamment à travers la thématique de la migration.

Le FICMA est organisé en partenariat avec le département ministériel chargé des Marocains résidant à l’étranger, le Centre cinématographique marocain (CCM), le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), la Wilaya de la région Souss-Massa, le Conseil régional de Souss-Massa, la préfecture d’Agadir Idda Outanane et le commune d’Agadir.